Les hibiscus sont toujours en fleurs – Monique Bernier – Éditions MEO – 2020 – ISBN 9782807002364

Elle a huit ans et, de la fenêtre de sa chambre, elle contemple le grand jardin partiellement ensoleillé. Les hibiscus sont en fleurs, elle aime leurs couleurs et a toujours l’impression d’en percevoir les parfums jusque dans sa chambre. Elle le sait pourtant, les hibiscus n’ont pas de parfum…

*

Charlotte, une fillette européenne, et Daniel, un garçon rwandais, ont grandi ensemble pendant cinq ans, jusqu’au génocide de 1994.
Vingt ans plus tard, Charlotte revient au Rwanda.

Elle a l’intention de retrouver Daniel et de redécouvrir ce pays qui l’avait chassée.

Daniel, de son côté, souffre toujours. Le passé est désespérément présent. Il ne sait pas que Charlotte le recherche.

*

Prison de Gitarama, 2014

Aux portes de l’enfer…

Presque tous les matins, Daniel se place dans la file des candidats aux brigades agricoles, sauf quand il a le moral dans les bottes. Ces jours-là, il n’est bon à rien, le monde est trop lourd à porter et la vie le blesse de partout.

Il est vrai que, dans ce lieu d’expiation, ils ont tous la même histoire. Liés par les démons qui ont dévoré leur pays.

Ils n’ont fait qu’obéir. Mais, pouvaient-ils s’opposer aux ordres, eux, les non-convaincus, les non-« idéalisés », ceux qui ne demandaient qu’à vivre en paix, mais qui ont été entraînés dans ce tourbillon féroce par une haine qu’ils ne ressentaient pas ? Dire non, c’était mourir. Ils n’ont dit pas non. Il a tué pour ne pas mourir, mais la mort s’est accrochée à lui quand même, elle s’est infiltrée par tous ses pores, son effluve l’a pénétré. Il ne sentira plus qu’elle jusqu’à la fin.

Mais ce qui révolte le plus Albert, l’ami de Daniel, ce n’est pas d’être ici, mais c’est que d’autres, encore plus responsables qu’eux, plus coupables, n’y soient pas.

*

Durant le trajet du voyage, Charlotte se souvient…

À l’époque, on lui cachait les événements annonciateurs du grand déluge de haine qui allait traverser le pays. Même Daniel ne lui en disait rien… ou presque rien. Était-il au courant de ce qui se tramait ? Sans doute. À écouter les grands parler, à entendre la radio…

Pour l’heure, il ne sera pas facile de remettre les pieds sur le sol de ce pays, ce rendez-vous est cependant nécessaire.

Indispensable pour rétablir sa propre histoire.

Elle retrouve des connaissances rwandaises, fait des rencontres et découvre peu à peu l’histoire dramatique de son ami en même temps que les complexités du pays. Psychologue de formation, Monique Bernier a travaillé comme thérapeute d’enfants avant de partir à l’étranger et de se mettre à écrire. Elle était au Rwanda en avril 1994 quand a commencé le génocide Tutsis.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s