Éloge du génie – Vilhelm Hammershøi, Glenn Gould, Thomas Bernhard – PATRICK ROEGIERS – Arléa éditions – 2019 – ISBN 9782363082077

Badaboum !

Une de mes piles de livres de la rentrée vient de d’écrouler et réapparait soudain « Éloge du génie – Vilhelm Hammershøi, Glenn Gould, Thomas Bernhard » de mon excellent ami Patrick Roegiers.

Excellent car depuis belle lurette, la plume de cet auteur belge, français à présent, européen quoi, a l’art d’éveiller en moi tout le plaisir de la lecture. Tant la finesse des mots que l’art de l’équilibre de la construction du texte portent les lecteurs au cœur d’un récit qui se transforme dès l’ouverture du rideau, pardon, dès les premières pages, en une invitation à pénétrer dans l’intimité de trois créateurs aux caractères bien trempés.

Comme le souligne l’auteur,    « Les trois créateurs qui font l’objet de ce livre n’ont pas été choisis par hasard. Je les admire et j’aime leur œuvre depuis longtemps. Vilhelm Hammershøi en peinture, Glenn Gould en musique et Thomas Bernhard en littérature ont consacré leur vie à leur art avec une exigence, une modernité et une audace incomparables. Leur personnalité n’est pas celle de chacun. Les manies, les obsessions, les phobies, qui vont parfois jusqu’à la folie, m’ont toujours fasciné. Les génies ne sont pas des excentriques, mais des excentrés. Ce sont des êtres singuliers dans leur manière de voir, de sentir ou de raconter le monde. Les œuvres majeures ont un prix. L’approche de la perfection n’admet pas de compromis. La quête de la beauté est sans consolation. »

La quatrième de couverture révèle aussi que Patrick Roegiers est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur la photographie…

Et j’en reviens à ma chronique.

Le détail, le jeu de lumière, la zone d’ombre, tout se retrouve dans l’écriture. Le lecteur s’approcherait bien d’un personnage pour lui enlever le cheveu perdu sur le revers d’un veston…

Nous sommes à côté d’Ida, la dame qui se tient debout, dos tourné, dans sa sobre robe noire… Isolée dans une pose statique, unie à l’espace que tamise la lumière, on la retrouvera dans l’œuvre de Hammershøi. Nous la devinerons peut-être cuisinière… prenant délicatement la soupière en porcelaine à la présence importante et posée sur un meuble, sous un tableau dont on ne voit que l’angle du cadre.

L’ambiance créée par l’écrivain nous fait humer le fumet d’un repas en préparation, il nous invitera à imaginer le décor du tableau dont on ne voit que furtivement l’angle du cadre. Nous sommes happés par ce courant d’air soufflé par cette plume.

Le lecteur devient un personnage  qui côtoie Gould, Bernhard, bercé par la musique de l’un, par le rythme de l’écriture de l’autre… Les portraits dressés par Patrick Roegiers de ces trois authentiques génies, uniques, selon lui, dans leur domaine de prédilection sont édités chez « arléa » sur papier blanc, encre noire, avec quelques photos choisies en noir et blanc. Cela donne un ouvrage haut en couleurs !

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