Lecture vagabonde de L’été de la rainette – Corinne Hoex – Editions Le Cormier -Mars 2016

été rainette 06 - Copie.jpgLecture vagabonde

 

« Nous n’irons plus au bois… »

Il l’observe, l’œil noir et brillant… C’est là qu’il faut piquer !

« Tiens petite, tiens à deux mains, et qu’il t’emporte loin… »

De lui s’est échappé…

le dard tend à la lumière.

Trop large pour l’enfant.

Voix lointaines. Enfouies dans la pénombre tiède…

Ce serait l’été dans la torpeur de la sieste.

Se soulevant pesamment. Puis ne soulevant plus…

Le ciel tourne au-dessus de toi

Elle mâche le lait âcre de la tige flasque… Ce serait l’été des fleurs inutiles

Front large et grandes oreilles. Un coup pour rien. Jusqu’au prochain tour.

Dans l’eau noire tes pieds nus. Ton visage renversé.

Crépitements. Flammes vives.

Près de lui. A le frôler.

Tu entends gémir les tuyaux qui tremblent

Et de ta jupe à plis…

Ce serait l’été de l’oncle Armand qui raconterait des blagues et des bêtises. Là où… les portes se débattraient. L’oncle Armand dedans… dehors…

Tes cheveux sentent la pluie.

L’oncle Armand prend le ciel dans ses verres de lunettes.

Une main dans ta main jouerait avec tes doigts.

Aiguille grinçante. Voix de ton maître.

Silence. Brûlure d’une porte qu’on n’ouvre pas…

Vie cousue décousue.

Quand ressortira-t-il ?

L’été où s’effiloche la soie solide de tes sept ans.

« Nous n’irons plus au bois… »