Tiré à quatre épingles – Pascal Marmet – Editions Michalon – 270 pages – Avril 2015

 

Tiré à quatre épingles HD 001.jpg » D’un geste lent, elle retira sa parure et offrit aux clients une robe moulante affriolante soulignant une poitrine de déesse, une chute de reins vertigineuse et une Heure Bleue de Guerlain se répandant à l’entour comme une promesse « …

Albane avait l’étincelle d’une séductrice rompue à la manœuvre des mâles, de celle qui vous évalue en billets de banque avant de sortir le grand jeu des porte-jarretelles parfumés…

Albane de Saint-Germain de Ray, née Truchot, attrapa son précieux agenda en rageant, le serrant contre sa poitrine. Elle rayonnait en se trémoussant les fesses, en faisant sa Marilyn. Elle claironnait son triomphe intérieur et sa revanche sur ce que la vie ne lui avait pas servi au berceau. « Rien ni personne ne m’arrêtera. »

Son talon ripa, sa main lâcha la rampe,  son divin corps s’envola…

 

Le commandant Chanel pensait qu’après 60 ans on avait irréversiblement la gueule qu’on méritait. La gentillesse s’y lisait tout comme la méchanceté, et tous les vices finissaient par se feuilleter sur nos rides. Tout se payait, tout remontait à la surface dans un tribunal invisible où étaient dénoncés nos entorses, nos travers et nos peines. Ses histoires de flic, c’était au final comme les voyages en train : on se positionnait, on attendait le bon moment et on attrapait ce à quoi on ne s’attendait pas… Chanel était un célibataire, un fils unique, un chercheur de vérité, un inclassable, un sans enfant, sans ami, sans parent, un sans attache, un « sans ». Son plaisir était de regarder vivre les autres et d’empiler les enquêtes.

A présent Chanel, observait le corps découvert au numéro 2, Impasse de Conti. Dans ce lieu étouffant de chaleur se dégageait une forte odeur de moisi et d’urine. Le tout dans une sorte de décor jungle pour collectionneur passionné d’art africain traditionnel.

11h48, Paris, gare de Lyon. Quatre heures avant l’arrivée du SAMU dans l’appartement de madame Saint-Germain de Ray, un jeune homme aux cheveux hirsutes, revêtu d’un costume vert et chaussé d’une paire de baskets vert fluo, gardait les yeux rivés sur une carte d’identité comme s’il détenait un billet gagnant de la Française des jeux. Du bout des lèvres, il ressassait un prénom : « Laurent »…

Le Peter Pan se présenta à la consigne, demanda un casier et y déposa le bout de bois…aux épingles coupantes.

Pascal Marmet nous plonge dans un suspense, comme un bolide dans la nuit. Des nappes de brouillard s’installent durablement, laissant une visibilité approximative, l’intrigue avançant comme une panthère à l’affût…

11391192_925892230807170_2859906206326295354_n.jpg

Publicités